lundi 17 juin 2013

☼ Le rêve ☼

«Saleté d'araignées

Chanty tenait son fouet d'une main et son étrange dague verte incrustée de feuilles et de lianes vertes dans l'autre. Les bras levés en position de défense. Il faisait nuit et seul la lune, haute dans un ciel sans nuage, éclairait la forêt interdite. Pas un bruit à l'horizon, pas de hululement de hiboux, pas de son de bestioles à proximité, c'était le calme total…le calme avant la tempête comme on dit! Dos à dos, Alucard et elle étaient collés l'un à l'autre, prêt à l'attaque. L'amazone portait heureusement son habit de cuir noir épais avec de hautes bottes de cuirs la protégeait, mais ce soir, il était moins sûr que cela ne soit suffisant. Sa lourde chevelure noire était attachée en une très haute queue de cheval et ses émeraudes était assombrit par une inquiétude improbable chez elle.
Parcourant son périmètre à protéger, la vision d'horreur qu'elle avait devant elle, n'était pas pour la rassurée, pourtant, se battre était tout à fait dans ses cordes et elle adorait cela, mais là…

«J'espère que ce moldu en vaut la peine, Alucard! Elles viennent de partout!»

Un sourire sadique se dessina sur les lèvres du Transylvanien, qui se tenait dans la même position que la jeune femme, baguette dans une main et des poings américains munis de lames dans chaque main. Tournant légèrement la tête vers sa compagne, autant au travail que dans son lit, sa voix était d'un calme olympien et c'est avec une intonation de bravade qu'il lui répondit.

«T'as la trouille? Tu peux partir quand tu veux ma chérie.»
«Non mais tu rigole? Je ne voudrais être autre part pour rien au monde!»

La voilà qui souriait à son étrange partenaire, ses émeraudes fixées dans les azurs de son vampire, le temps sembla se suspendre durant quelques secondes. Mais la réalité les reprit rapidement. Ils étaient encerclés par une colonie d'arachnide de taille assez impressionnante, et ils n'étaient que deux. Certes, le capitaine de Quidditch était un vampire immortel, mais elle…elle n'était qu'humaine! Soit, la mission avant tout, l'amazone ferait face comme toujours, prête au combat.
La colonie se rapprochait de plus en plus et le bruit en était assourdissant.

«Tu es prête mon amour?»

Elle l'était!

«À l'attaque!!!!»

Le combat débuta dans un claquement du fouet de Chanty. Elle fonça tête première dans sa zone à protéger, dansant avec son instrument.
Des claquements secs se faisaient entendre, la nuit serait sanglante. Le couple de mercenaire était au combat, tournant sur eux-mêmes, changeant de place, ils étaient dans une osmose parfaite. Les sorts fusaient de partout! Un *expulso* envoya une grosse araignée se liquéfier contre un arbre, le fouet en coupa une littéralement en deux, quelques *incendios* eurent raisons de plusieurs. Sa dague n'était pas en reste, la noire était agile et entraînée. L'une fut éventrée, d'autres perdirent dards, pattes ou autres parties de leurs anatomie, mettant fin à leur effort pour éliminé cette mercenaire récalcitrante. De son côté, le vampire avait l'air de s'amuser. Plus rapide que la normale, sa zone de combat se nettoyait plus vite et la colonie baissait à vue d'œil. L'endroit fut bientôt maculé de sang, de cadavres et de membres des arachnides jonchaient le sol de la forêt, témoignait de l'impuissance des bestioles à anéantir le couple téméraire de mercenaire.

Voyant que sa belle en arrachait quelques peu, il lui cria entre deux meurtres d'araignées.

«Prend ton balai et attaque dans les airs.»

L'amazone, à se moment, couru à un arbre, sauta à pieds joints, et poussa pour une voltige au-dessus d'une énorme bestiole et atterrit sur son dos, sa dague en plein milieu de sa tête. La bête s'effondra au sol, tuée sur le coup.
Chanty sauta en bas avec un large sourire et se tourna vers son homme avec de la fierté dans ses émeraudes. Les mains sur les hanches, la tête haute, elle lui répondit un brin chambreur.

«T'as peur que je te surclasse mon amour?»

Tout à coup! Son sourire se figea et un air ahuri se dessina sur son visage rougi par l'effort, une douleur atroce dans le ventre.  Son souffle se coupa et le temps passa au ralentit. Chanty baissa son regard sur son ventre, mettant instinctivement les mains sur le dard qui venait de lui transpercer le ventre. C'était la reine de la colonie! Son visage, déformé par la douleur et la peur, se releva vers Alucard qui accourait vers elle avec un air affolé.

«Chanty…Chanty non!!»

Il courait vers sa belle, baguette levé, envoyant valser la meurtrière plus loin, qui mourut dans son sang, broyée par un *destructum* rageur. Les arachnides, n'ayant plus de chef, disparurent sans demander leur reste. Le capitaine fut près de l'amazone juste à temps pour la réceptionner avant qu'elle ne tombe au sol, les yeux fermés, saignant abondamment. Les crocs du vampire se firent proéminents malgré lui, mais il résista. Il l'aimait tant! Avec un effort surhumain, ses crocs se rétractèrent et il se pencha vers la femme qui était sienne depuis 2 ans seulement. Il ne pouvait pas la perdre, non pas maintenant, ils n'avaient pas eu assez de temps.  

«Ma chérie…reste avec moi! Reste avec moi! Je t'en prie!»

La jeune femme réussit à ouvrir les yeux avec peine, et leva péniblement sa main ensanglantée sur la joue de son homme, puis murmura.

«M…mon…a…mou…r»

Sa main retomba mollement et ses yeux se refermèrent.
La voyant inerte, il se mit à la secouer avec frénésie.

«Chanty…non…mon cœur, mon petit cookie…réveilles-toi…»

***

«Mon petit cookie…réveilles-toi…allons…ouvre les yeux!»

Son cœur fit un bon dans sa poitrine, et Chanty ouvrit les yeux sur un plafond beige. Elle s'assied d'un trait, en nage, trempée de sueur, sa nuisette rose tendre toute froissée. Elle regarda autour d'elle, encore embrumée. Elle était dans son lit moelleux, ses cheveux noirs en bataille. Sa chambre était colorée de beige et rouge, donnant un cachet d'une richesse discrète, une ambiance feutré et douce. C'était le matin et le soleil plombait dans la chambre à coucher et son regard émeraude rencontra les azurs d'Alucard, son tendre mari.

«Tu m'as fais peur pendant une minutes ma chérie, tu as fais un mauvais rêve je crois.»

La jeune femme soupira et se détendit en se lovant dans les bras protecteur de son homme. 5ans qu'ils étaient ensemble et c'était encore une vraie lune de miel. Il était si bon et si fort, elle se sentait en sécurité avec lui. Il la berçait doucement avec un sourire calme, sa longue chevelure brune s'emmêlant avec la sienne d'un noir corbeau.

«Quel cauchemar je ne te dis pas!»
«Raconte, ça t'aideras à oublier»

«Mon dieu c'était trop irréel, nous étions des mercenaires sorcier et tu étais un vampire en plus et moi une amazone, non mais tu t'imagine! Nous étions encerclés par une colonie d'araignées géantes qui nous attaquait. Il y avait du sang partout, c'était horrible, tu connais ma peur du sang hein!»

Le grand brun la resserra un peu plus encore dans ses bras sportifs et la rassura.

«Ce n'était qu'un cauchemar, calme toi ma chérie.» Dit-il tout en lui caressant les cheveux.

Ce simple geste l'apaisa et elle se laissa aller avec un soupir d'aise. Après quelques minutes de cette douce tendresse, la jeune femme de détacha de lui et fini par se lever. C'est qu'il était déjà tard si le soleil brillait dans leur chambre de cette manière. La lumière éclatante reflétait dans les cheveux de son amour, l'auréolant d'un éclat particulier. Elle l'embrassa en l'aidant à se lever et partie dans la salle de bain attenante à leur chambre, laissant choir au sol, sa nuisette malmenée. Alucard pu entendre l'eau de la douche couler et, à son tour, partit vers la salle de bain. Devant le miroir, il sortit son nécessaire de rasage et entreprit de faire sa toilette matinale.
Chanty était en train de se laver les cheveux quand elle sentit sa présence dans la salle de bain, et revint encore sur ce rêve perturbateur, mais maintenant qu'elle était bien réveillée, elle trouvait cela amusant. Avec un sourire taquin vers son mari, elle dit d'une voix ou perçait un brin de sensualité.

«Tu sais…j'avais un fouet dans ce rêve.»

La porte de la douche s'ouvrit et Alucard se glissa contre son corps. Avec un petit rire, il prit un gant de toilette, du gel-douche et entreprit de le passer dans le dos de sa femme.

«Quelle coquine tu devais être. Je ne t'imagine pas du tout en amazone avec un fouet.»

Quelle étrange idée en effet. Il ne pouvait imaginer sa douce petite femme, qui aimait les tenues féminines aux couleurs pastelles, en habit d'amazone avec un fouet qui plus est! Seulement, cette idée le faisait sourire. Sa main glissa sur la chute de ses reins, écoutant sa douce.

«Oh! Mais c'était tout indiqué puisque tu étais un vampire dans mon rêve, tu étais ténébreux et sexe et…je devais avoir besoin de ce fouet pour ne pas que tu ne me mords.»

Elle eu un petit rire de gorge et entoura les épaules de son mari en se collant à lui amoureusement. En guise de réponse, Alucard fit mine de sortir des crocs imaginaires et fonça sur son cou avec un grognement sadique.

«Je vous ferai mienne que vous le vouliez ou non petite brebis innocente!!!»

Elle éclata de rire en se trémoussant pour lui échapper et sortit de la douche en s'enroulant dans une serviette épaisse, chaude et moelleuse. Elle en prit une autre et emprisonna sa chevelure et l'enroula en un turban au-dessus de sa tête. Son mari termina de se laver et elle l'accueilli hors de la douche avec une autre serviette chaude.
Elle l'embrassa rapidement et lui donna les consignes du jour.

«Le gala est pour 19 hrs ce soir, ne soit pas en retard.»

Chanty passa dans la chambre et ouvrit son *walk in* et se choisit une robe bustier bleu ciel, qu'elle jeta négligemment sur le lit. Elle fouilla dans sa comme pour trouver une petite culotte de dentelle assortit ainsi que le soutient gorge complétant l'ensemble.
Elle souriait. N'était-elle pas une spécialiste de la mode? Tout était agencé, vêtements, sous-vêtement, et même les accessoires. Elle était la féminité et la fragilité incarnées, femme jusqu'au bout de ses ongles laqués en parfaite harmonie avec son ensemble du jour. Elle fouillait dans son coffre à bijoux lorsque son homme sortit de la pièce d'à côté, sentant bon *l'after shave* et elle le regarda tout en mettant ses boucles d'oreilles serties de petites pierres bleues. Elle observait son mari avec un amour infini. Bâtit comme un athlète, son corps était ferme et bien développé. Elle ne se lassait pas, son homme était magnifique! Enfilant un boxer rouge sang, elle sourit devant son petit clin d'œil coquin. Qui pourrait dire que cet homme si sérieux dans son travail de PDG dans une entreprise austère coté à la bourse, était en vérité un homme plein d'humour, de charme et de tendresse? Elle avait le mari idéal et son amour était incommensurable.

Alucard s'habilla avec son complet veston, et boutonna sa chemise. Chanty vint près de lui et l'aida à nouer son nœud de cravate.

«N'oubli pas de passer au pressing pour prendre ton pantalon noir au retour du travail.»

Son regard fut attiré par les azurs de son mari. Quelque chose d'étrange s'y reflétait, il la regardait avec une certaines perversité, qui disparut aussitôt qu'il rencontra son regard. Elle abaissa de nouveau son regard sans se poser de questions. Ce foutu cauchemar probablement.

«Si j'oubli, je mettrai le gris, cela fera l'affaire.»
«Ah! Non, pas le gris, je serai habillée de jaune soleil ce soir, il est essentiel que tu ais ton pantalon noir et ta chemise noire, sinon, nous ne seront pas assortis tout les deux…et tu sais que le moindre détail compte dans ce genre de soirée!»

Alucard l'enveloppa dans ses bras puissant et eu un petit rire en levant les yeux au ciel.

«D'accord…d'accord, toi et tes lubies saugrenues…j'irai draguer madame Guipûre derrière son comptoir, peut-être me fera-t-elle une réduction.»

La jeune femme éclata de rire en se détachant de son mari.

«Quel nom affreux, on dirait le nom d'une femme dans un très mauvais roman…elle serait bien dans le monde de mon rêve.»

Encore ce regard étrange! Qu'est-ce que cela voulait dire? Elle n'avait jamais vue Alucard la regarder fixement au point de la mettre mal à l'aise au par avant. Il se dirigea vers la porte alors que Chanty était demeuré saisie par ce regard, le regardant partir.
La main sur la poignée, Alucard tourna la tête et regarda sa femme de travers avec une intensité à faire peur.

«Tu es sur que c'était un rêve…»


Un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres qui se retroussèrent, laissant entrevoir…ses crocs…

mardi 7 mai 2013

☼Pleine lune☼


Chanty arriva dans la grande salle un bon soir de pleine lune, peu après la rentrée scolaire. Il faisait bon dehors mais, comme la coutume le voulait quand l'astre était plein, tout le monde se devait de rester à l'intérieur. La rouquine se dirigea vers sa table, la maison des Gryffondor, et elle s'asseoya à côté de son amie Tari, Kritos n'étant pas visible.

«Salut…Je vois que le repas n'a pas encore été servi, j'arrive à temps. Comment as-tu trouvé le cours de métamorphose?»
«Salut Chanty, non, tu arrives juste après le discours de Dumbledore, le repas ne va pas tarder. Oh! Le cours de méta!...Bof! Ce n'est pas mon truc.»

La demi-elfe ne semblait pas dans son assiette, aussi la jeune gryffondor s'en inquiéta.

«Qu'est-ce que tu as, Tari? Tu t'es encore disputée avec Kritos?»
«…Je l'ai quitté…»
«Oh! C'était si grave que ça, ces disputes, je ne me doutais pas, je suis désolée pour toi!»
«Ça va, c'était prévisible après l'été pourri que nous avons passé. Nous ne faisions que retarder et retarder le moment fatidique. M'enfin, c'est moi qui ai pris la décision, mais même si j'en suis soulagée, je me sens coupable, car je sais qu'il m'aime encore, ce qui n'est pas mon cas.»

Chanty mit son bras autour des épaules de la petite blonde en un geste de réconfort.

«Ça va lui passer, laisse-lui le temps. Il comprendra que c'était la meilleure chose à faire.»
«Ouais, peut-être!»

Elles ne purent continuer leur discussion, la porte de la grande salle s'ouvrait de nouveau et Jack, un nouvel élève de Gryffondor, entra pour venir s'asseoir avec elles. Les deux jeunes filles le saluèrent et la conversation dériva sur le nouveau venu durant quelques minutes. Puis, le repas fut servi, mais la rouquine n'eut pas le temps de prendre sa fourchette que la porte s'ouvrit encore et Déforaugue entra d'un pas traînant. C'était clair qu'il ne s'était pas encore remis de sa rupture et qu'il aurait préféré se retrouver ailleurs, plutôt qu'ici, mais voilà. Il avait été engagé afin de prodiguer les cours d'arts martiaux, discipline moldue bien appréciée de beaucoup de sorciers dont Chanty.
La jeune femme s'attendait à le voir aller vers la table des professeurs, mais à sa grande surprise, il vint à son ancienne table…les Gryffondor, et prit place à côté de la rouquine.
Assis côte à côte, ils auraient presque pu passer pour frère et sœur, tous deux rouquins aux yeux verts émeraude et avec des taches de rousseur sur le visage. Mais là s'arrêtait la ressemblance. Chanty était petite alors que lui était grand. Le rouquin avait une particularité que la jeune femme n'avait pas également, des oreilles pointues, signe appartenant à son sang de demi-gobelin.
Lui non plus n'allait pas très bien en ce moment et sa main sous la table qui chercha celle de la rousse le lui prouva. Il avait évité le coin de la table, où était assise Miadalla et celle-ci l'avait ignoré. Il avait besoin de quelqu'un pour l'aider et elle était tout naturellement cette personne. Elle oublia son amie, qui était en grande conversation avec Jack, et elle se concentra sur Déforaugue. Elle avait appris à le connaître depuis un bon moment, et elle savait que les paroles étaient inutiles avec lui. Il n'était pas bavard, mais ils avaient appris à se comprendre, à demi-mot, avec des regards. Son cœur se serra de le voir ainsi. Elle aurait préféré le voir heureux avec Miadalla et renoncer à lui à jamais plutôt que de le voir malheureux de cette façon. Aussi, elle serra sa main très fort et ses émeraudes lui lancèrent un message de réconfort. Il serra à son tour sa main et, dans ses yeux, elle put lire un message de remerciement.

Durant cette discussion silencieuse, la porte de la grande salle s'ouvrit de nouveau pour laisser passer Leroy et Selenka, Tabris et thybalt, tous des Serpentard en retard, et Chanty répondit à leur salut d'un signe de la main et d’un sourire, mais ignora royalement Thybalt et Tabris. C'était chaud entre eux, encore et toujours. La rouquine détestait qu'on la prenne de haut et qu'on se moque d'elle, que ce soit à cause de son bras, de sa maison ou simplement parce qu'elle était joviale et douce.

Puis, Tari vint à la rescousse en venant faire un bisou sur la joue du rouquin, amicale et joyeuse, ce qui offrit une diversion momentanée pour le jeune homme. Ils discutèrent tous les trois des cours de potions, qu'ils affectionnaient tout particulièrement et le début de soirée fut une diversion à la tristesse de ses deux amis. Tari et Défo finirent par avoir un sourire sur leurs lèvres, ce qui enchanta Chanty. Elle n'aimait pas voir les gens malheureux autour d'elle.
Puis Camille arriva…

Camille était la cousine de Déforaugue du côté de sa mère. Elle s'approcha, petite blonde étrange, et conversa un peu avec eux.

«Camille est contente de te voir, Déforaugue.»

Et oui! La jeune fille était du même âge que Chanty ou presque et parlait d'elle toujours à la troisième personne, mais elle était très gentille. La rouquine avait fait sa connaissance l'année dernière et, malgré qu'elles ne se parlaient pas très souvent, n'étant pas de la même maison puisque Camille était une serdeigle, les deux jeunes femmes s'entendaient très bien. Chanty l'aimait beaucoup. Finalement, l'ancien élève était entouré de jolies jeunes femmes, malgré son état de tristesse apparente, et la conversation allait bon train.

L’horloge de la grande salle sonna neuf coups. Dehors, l’obscurité recouvrait le monde des sorciers, mais la lune, ronde et pleine, éclairait les divers sentiers presque comme en plein jour. Le souper  était presque terminé et il serait bientôt temps pour les élèves de retrouver leur dortoir respectif.
Soudain, un grand vacarme se fit entendre dans le Grand Hall. La porte de la grande salle s'ouvrit avec fracas.
Certains étaient attentifs. Ils purent ainsi entendre des grognements puissants et du verre brisé, suivi bientôt des cris des élèves présents. Certaines personnes purent même voir, depuis la porte entrouverte de la Grande Salle, une immense silhouette noire et terrifiante passer devant. Une ambiance soudain glacée envahit l'atmosphère, mais non pas de la même façon que les Détraqueurs, c'était bien plus bestial…c'était un lycan.

Une panique  générale envahit la grande salle, l'animal se ruant sur tout ce qui bougeait. Aussitôt, Déforaugue changea d'attitude. Il se leva de la table, droit et sûr de lui, se positionnant en chef de bande immédiatement.
Il se tourna vers les filles et ordonna à toute la table :

«Pas de mouvements brusques, les Gryffondor, je vous propose de vous diriger lentement vers la salle de duel en restant sur vos gardes.»
Il se tourna vers les autres tables, avisant les plus vieux de ses émeraudes, semblant demander s'ils étaient prêts au combat. Il cria alors :

«Pas d'attaques, si Raph…s'il vient sur vous, tentez des sortilèges de paralysie uniquement.»

Dans son mouvement très lent, il attrapa la main de Tari et celle de Chanty espérant les mettre à l'abri avant que ça ne dégénère, gardant un œil sur les réactions des professeurs. Ceux-ci paniquaient tout autant que les élèves, le lycan griffant au passage ceux qui couraient dans tous les sens, attirant, par le fait même, l'animal vers eux. Les enfants qui ne s'étaient pas rués vers la sortie tombaient comme des mouches. La rouquine, pour sa part, eut un instant de panique, mais lorsque son ami la prit par la main, elle se sentit en sécurité et plus calme. C'était important de ne pas courir dans tous les sens, mais ils ne devaient pas rester là, de cela elle était sûre. Ayant maintenant du courage, transmis par la main plus chaude que la normale pour un humain, Chanty repéra la porte de la salle de duel. Elle n'y avait encore jamais mis les pieds, mais la pièce était soudainement la plus importante de sa vie. Sa petite main gauche dans celle de Défo, qui avait pris sous sa coupe le petit groupe, et sa baguette dans l’autre, la rouge et or semblait assurée mais au fond, tremblait de tous ses membres. La jeune fille était quand même prête à riposter si l’animal fonçait sur eux. Tenant bien fort la main du rouquin, ce qui lui donna du courage, elle attendit que le jeune homme se déplace pour en faire autant avec des pas feutrés et la baguette bien levée, prête à agir.

Heureusement que la salle des duels était proche de leur table, ils purent ainsi l'atteindre sans alerter la bête qui continuait à courir dans tous les sens, évitant les attaques de part et d'autres de la grande salle. Bien évidemment, la question se posait. Comment ce lycan avait-il pu entrer dans l'école?  Qui était-il? Défaurogue avait crié de ne pas essayer de le tuer et à raison, car malgré tout, un loup-garou était, pour la plus grande partie du mois, un homme ou une femme comme les autres. Donc, il fallait le capturer afin qu'il ne puisse faire plus de mal qu'il ne l'avait déjà fait. Et c'est bien pour cela que les professeurs essayaient plus de le maîtriser plutôt que le tuer, ce qui n'était pas chose aisée vu la force de l'animal.
Une fois à l'intérieur de la salle des duels, ils purent reprendre leur souffle, maintenant à l'abri, et penser à ce qu'il était bon de faire. Plusieurs n'avait pas suivi, dont Kritos, et Tari était visiblement très inquiète pour lui malgré leur rupture.
Chanty vint prendre la main de son amie pour la réconforter.

«Ne t'inquiète pas, il va arriver, tu verras.»

Comme un écho, la porte de la pièce s'ouvrit et le Gryffondor entra en trombe.

«Le lycan a réussi à se sauver, il court dehors maintenant.»

Tous en étaient soulagés. Seuls la rouquine et l'ancien préfet plongèrent émeraudes dans émeraudes d'un commun accord. Ils semblaient penser la même chose. Il fallait le rattraper, mais comment? Jamais les professeurs ne les laisseraient sortir, et ce, même en sachant que la jeune femme avait maintenant 16 ans. Mais elle avait la tête dure et était très obstinée. Défo la regardait et fit non de la tête, comme pour approuver les enseignants et la rousse haussa un sourcil, tout en relevant la tête en signe de défi. *Non mon ami…si tu vas chercher cette bête dehors, il est hors de question que je reste ici à me faire du mauvais sang.*, semblait dire son regard. Le rouquin soupira et fit un petit signe de tête assez sèchement, mais Chanty avait gagné, elle ne se cacherait pas comme une trouillarde comme lors de sa première année où Siona Spencer, la mangemort, avait été démasquée.

S'approchant de son ami, laissant Tari dans les bras de Kritos…ça sentait la réconciliation pour ces deux-là, ce qui faisait plaisir à la jeune femme, elle leva ses yeux verts vers le demi-gobelin.

«Alors? On fait quoi?»
«Il nous faut une stratégie, on ne peut pas s'exposer comme ça dehors, sans être préparés d'avance, si on ne trouve pas un moyen, hors de question de te laisser venir avec moi.»

Chanty tapa du pied avec humeur, ce qui n'eut pas l'air de perturber le grand roux.

«Je suis une grande fille Défo, arrête de me materner, je ne suis plus une enfant.»

Quand effectivement, il ne la regarderait plus comme une enfant? Probablement jamais maintenant, elle se faisait une raison même si son cœur saignait de cette constatation. Mais là, elle lui faisait face avec détermination et se concentra plutôt sur une façon de capturer ce lycanthrope et ce ne serait sûrement pas chose aisée.
D'un commun accord, ils partirent s'asseoir par terre, dos contre le mur, afin de discuter de leur stratégie. Mais la jeune femme était encore un peu sous le choc et elle posa sa tête contre l'épaule de Défo en fermant les yeux quelques secondes.

Son père lui avait parlé maintes et maintes fois des lycans par le passé. Il s'était même amusé à apprendre à sa fille à hurler comme un loup-garou. Des heures et des heures, elle avait pratiqué ce hurlement, jusqu'au jour où, voulant faire une blague à son père, un soir de pleine lune, elle sortit de sa chambre en cachette et s'était cachée dehors. Croyant à une bonne blague, elle avait hurlé comme il le lui avait enseigné. La porte de la maison s'était ouverte à la volée et son père, baguette en main, s'était rué dehors, aux aguets. Chanty s'était tout doucement glissée derrière lui et avait recommencé. George s'était retourné à la vitesse de l'éclair et la fillette d'alors s'était retrouvée avec le bout de la baguette de son père en plein visage, prête à l'attaque.
Elle se rappelait ce souvenir comme si c'était la veille et, même si elle avait 10 ans à l'époque, elle ressentait encore la rage de son père quand il l'avait giflée, pour la prendre dans ses bras immédiatement quand elle s'était mise à pleurer. Son petit bras passé autour du cou de son père, sa main se tenant la joue, elle avait beaucoup regretté son geste stupide et son père avait presque pleuré avec elle. Il n'avait jamais frappé sa fille chérie, ce fut d'ailleurs la seule fois où il leva la main sur elle.
Mon Dieu, comme le temps passait vite et ce soir, ce souvenir faisait remonter bien des sentiments de l'époque.

Assis à réfléchir à un plan, Deforaugue sentit Chanty à ses côtés et lui donna un petit coup dans l'épaule pour l'encourager et pour qu'elle ne s'endorme pas. Ouvrant les yeux, elle lui sourit afin de le rassurer quand elle vit la porte s'ouvrir pour laisser passer encore quelques élèves inconnus de la jeune femme. Ils vinrent tous s'asseoir près d'eux et le grand roux, le chef dès à présent, prit la parole, après avoir demandé quelques volontaires à leur entreprise.

«Que tous ceux qui maitrisent un sortilège de paralysie, stupéfix, chains ou vera verto, si vous vous en sentez le courage, on va y aller. Les autres, il vous faudra vous barricader, en déplaçant l'hôtel de duel devant la porte et tenir au moins jusqu'au matin, où, là, nous ne craindrons plus rien. On peut mettre en place un système de frappe sur la porte, trois coups signifiant d'ouvrir à une personne de l'autre côté pour qu'elle puisse se mettre en sûreté.
On va essayer de rassembler le maximum de personnes vers cette salle et de rabattre le loup-garou…dans un piège.»

Enfin... là, il avait plutôt l'impression de parler à un auditoire fatigué qui, comme lui, n'avait pas l'habitude de faire des nuits blanches. Les élèves avaient peur pour certains, d'autres étaient prêts pour la chasse. Déforaugue parlait pour les rassurer, exposant son idée afin de minimiser les risques et ses paroles firent effet. Chanty l'écoutait parler, maintenant bien réveillée et vit Tari, kritos et deux autres élèves de 5ième année se joindre au groupe de chasseurs en herbe.
Le rouquin continua.

«Moi, je maîtrise bien le *vera verto*, mais je suis une catastrophe avec *chain*, il est un peu fort pour moi.»

Chanty ne s'inquiétait pas trop avec *vera Verto*, la métamorphose, c'est ce qu'elle maîtrisait le mieux, mais elle n'avait jamais pourchassée un Lycan de sa vie, n'en avait même jamais vu un avant ce soir, mais tous ensemble, elle avait bon espoir qu'ils y parviendraient.

Une chose lui revint à l'esprit à ce moment, et elle prit Déforaugue à part, où il s'ensuivit une discussion à voix basse.

«Écoute, j'ai aussi le sort réducto, ce qui peut peut-être servir en cas d'urgence, mais je sens que tu ne dis pas tout, comment ce lycan est il entré dans l'école? Mon avis est qu'il y était déjà, je me trompe???»

La jeune fille regardait le jeune homme, pleine de questions sur son visage pâle et dans ses yeux émeraude. Le rouquin la regardait avec un sourire, mais ce sourire n'était pas joyeux. Il eut un petit soupir, semblant en savoir beaucoup plus qu'il ne le disait. Mais elle avait deviné, il ne lui manquait que quelques détails. Déforaugue finit par reprendre la parole.

«Bon, Réducto peut être utile également, et on ne sera pas trop de deux à savoir si on tombe sur un os. Il mit les mains dans ses poches, après avoir passé l'une d'elle à la base de son cou, comme il le faisait toujours lorsqu'il était mal à l'aise. Il détourna son regard vers la fenêtre, où la pleine lune était visible et claire. Chanty parut quelques peu agacée par le demi-silence du jeune homme.

«Je sais ce qu'est un lycan, Défo…» La jeune fille mit sa main gauche sur le bras du rouquin. «…C'est la pleine lune ce soir, ce que je veux savoir, c'est qui. Sûrement pas un jeune étudiant. À mon avis, il ne serait pas aussi énorme.»

La rousse planta son regard dans celui du Gryffondor et le fixa, cherchant la bonne réponse dans ses yeux aussi verts que les siens.

«C'est un professeur, n'est-ce pas? Les seules personnes pouvant atteindre cette taille seraient les professeurs Veldi ou Vanderas. Et tu as dis Raph........ plus tôt, alors.....c'est Raphael Vanderas? J'ai raison, n'est-ce pas?»

Chanty termina en montrant les autres prêts à venir à la chasse au lycan.

«Défo, regarde-les…» Elle montra les autres élèves beaucoup plus jeunes. «…Ils sont terrorisés, même les plus vieux le sont, je ne suis peut-être qu'en troisième année, mais j'ai 16 ans et on est les deux seuls qui pouvons les protéger au mieux de notre capacité. Ils viennent avec nous sans savoir qui sait, ils te font confiance. Alors, j'ai besoin de savoir, c'est un humain quand même et il ne faut pas le tuer, même par erreur.»

Chanty attendit, regardant toujours Défo dans les yeux. Celui-ci réagit vivement en lui mettant la main sur la bouche.

«Chuuuttt Chanty! Il ne faut pas que les gens sachent, seul merlin sait ce qui pourrait lui arriver si on venait à le savoir! Il faut l'empêcher de mordre quelqu'un, déjà que les griffures mettent trois mois à cicatriser…Tu comprends, n'est-ce pas? Il ne faut pas le tuer.»

Chanty mit sa main sur la sienne et l'abaissa doucement avec un petit sourire exaspéré.

«Ne t'inquiète pas Défo, je comprends très bien et je te promets de garder le secret, ce n'est pas une chose dont on se vante, je comprends tout à fait.»
«Je sais, mais je n'aime pas l'idée que tu viennes te mettre en danger avec moi dehors.»

La Gryffondor tapa du pied en guise de mécontentement et montrait au rouquin qu'elle n'était plus une petite fille. Ok, ses vêtement médiévaux, qui la faisait encore paraître plus petite qu'elle ne l'était, et son bras plus court faisaient qu'elle avait l'air fragile, mais il en était tout autrement, il devrait le savoir pourtant!  Elle était plus forte que ce qu'il voyait d'elle et elle l'aiderait à faire face quoi qu'il arrive.

«Arrête de me traiter en petite fille…» Montrant Tari et Kritos… «Tu n'as pas peur pour eux, alors pourquoi moi? Je suis une grande fille, même si je ne suis qu'en troisième année, tu as l'air d'oublier que j'ai 16 ans…un an de moins que toi…presqu'à ma majorité, je te signale! Alors..! Que fait-on?»

La rousse était décidé et, dans son visage, on pouvait y lire de la détermination et...peut-être aussi...de l'excitation? Allez  savoir! Le grand roux…plus grand de deux têtes au moins… soupira et lui sourit, d'un sourire forcé ou justement pas assez de force pour se disputer avec son amie.

«J'ai peur pour eux aussi, mais toi, ce n'est pas la même chose. D'accord, d'accord, je cède, alors voilà ce que l'on va faire….»

Le plan se montait peu à peu et Chanty sentait l'appréhension autant que la fébrilité l'envahir. Il était convenu de trouver un filet, des armes en argent, leurs baguettes, bien sûr, et l'arme secrète…Chanty, qui servirait d'appât. Déforaugue expliqua le plan aux quatre autres personnes volontaires, qui était d'aller à l'extérieur, de faire une zone sécurisée autour de la rouquine, eux cachés dans les bosquets, puis une fois que le lycan serait assez près de la jeune femme, de lui jeter le filet et de l'immobiliser avec les sorts chain ou autres qui ne lui feraient pas de mal. Même si Vandéras était sanguinaire cette nuit, il n'en était pas de même tout le temps, il était quand même leur professeur de magie élémentaire après tout!

 Heureusement qu'ils étaient dans la salle des duels, là où les combats se faisaient. Il y avait tout l'attirail dont ils auraient besoin, sauf les armes en argent. Oh! Il y avait bien quelques trucs, deux couteaux à la lame d'argent, un arc avec seulement deux flèches, mais complètement inutiles. Les deux 5ième année, Simon et Andréa, s'occupèrent de sortir les armes. Un filet fut trouvé. Pas très grand, mais suffisamment pour immobiliser le professeur Vandéras et ainsi pouvoir le maîtriser avec les sorts. Les deux 5ième année  prirent les couteaux, Kritos, l'arc et les deux flèches, Déforaugue, le filet. Tari était chargée de resté cachée, plus en retrait, afin d'aller chercher du secours au cas où le plan ne se passerait pas comme ils l'avaient prévu, et Chanty n'avait que sa baguette et son courage d'être l'appât. Voilà! Ils étaient prêts! Le rouquin s'adressa au groupe.

«Ne cherchez pas à jouer les héros, nous devons travailler ensemble et, surtout, protéger Chanty, qui sera le centre de son attention. N'utilisez vos armes qu'en cas de réel besoin, tenez vos baguettes prêtes et, une fois à l'extérieur, je ne veux plus un mot, enlevez votre odeur en vous enduisant le corps, le visage et les mains de terre. S'il sent la moindre odeur, il se jettera sur vous! Toi aussi, Chanty, c'est bien de faire l'appât, mais il ne faut pas qu'il te reniffle, sinon ça sera trop dangereux et je ne veux pas qu'il t'arrive malheur! Nous allons jusqu'à l'orée de le forêt interdite, on a plus de chance de le rencontrer dans cet endroit maintenant qu'il est dehors.»

La rouquine acquiesça à sa demande, le cœur battant de le voir si inquiet pour elle. Elle lui faisait une confiance totale, elle savait qu'il ne laisserait rien lui arriver.

Maintenant que le plan était au point, ils se dirigèrent tous vers la porte de la salle des duels. Une fois dans la grande salle, Chanty constata que tout le monde avait disparu, probablement retournés dans leur salle commune, en sécurité. On les avait tout simplement oubliés. Ce n'était pas plus mal, ils ne se frotteraient pas à l'obstacle des professeurs qui leur interdiraient sûrement cette chasse au lycan. Ils étaient tous des élèves après tout, sauf Déforaugue qui était maintenant un adulte. Ils traversèrent la grande salle, passèrent dans le grand hall sans rencontrer personne, puis, armes à la main, ils se faufilèrent en silence à l'extérieur.

Marchant en groupe serré, ils se rendirent à la lisière de la forêt, passant par la cabane d'Hagrid, le saule cogneur, qui était étrangement calme ce soir, puis arrivèrent enfin à destination. La nuit était claire et aucun son, aucun chant d’oiseaux nocturnes ne venait interrompre les pas du petit groupe.
Tous et chacun avaient son rôle et quelque chose à faire. Tout d'abord, tout le monde prit de la terre et mit un point d'honneur à enlever toute trace d'odeur alléchante pour lycan.
Chanty fit de même. Prenant des poignées généreuses, elle enduisit son visage, sa lourde chevelure de feu, ses vêtements, sans égard pour l'exclusivité de sa robe médiévale, et ses bras de terre. Elle avait une allure de clocharde mais s'en souciait peu, sauf peut-être qu’elle ressentait une certaine gêne de jeune fille désireuse de bien paraître devant le garçon qui lui plaisait, mais elle mit sa coquetterie de côté. Ne voulant pas montrer son appréhension, elle se tourna vers Kritos et Tari, ses amis, et leur fit un petit clin d'œil et une révérence toute princière. C'était plutôt rigolo vu l'état de sa personne.
Tous se ressemblaient maintenant, brun de terre, ils étaient difficilement repérables dans la nuit, même avec la pleine lune qui brillait, et elle était macabrement heureuse d'être la vedette de cette nuit sans nuage.
Le groupe communiquait par geste et le capitaine de cette équipe de choc fit signe à tous d'aller se cacher dans les bosquets, ce qu'ils firent tous. Une fois tout le monde prêt à l'action, tapis dans l'ombre, Déforaugue vint doucement près de la rouquine, demeurée seule au centre de leur zone de sauvetage. Car oui, c'en était bel et ben un, le lycan avait besoin d'être capturé et soigné, car à sa transformation, il serait dans un sale état. Défo se pencha pour chuchoter à son oreille.

«Fais attention, s'il s'approche de trop près, je veux que tu utilises ta baguette, même si ce n'est pas tout à fait le moment, n'attends pas à la dernière minute. Ne t'inquiète pas, on veille sur toi…JE veille sur toi!»
«Je te fais confiance! Ne le laisse pas me transformer en lycan, d'accord?», fut-elle capable de dire seulement.

Il la prit dans ses bras, déjà bien fort pour un jeune adulte, et l'embrassa sur le front malgré la terre qui le recouvrait.

«Tu es très mignonne ainsi parée de la nature.»

Chanty rougit violemment sous ce compliment inattendu, puis il partit prendre sa place dans l'ombre d'un grand arbre, filet à la main, prêt à bondir au moindre signe du lycan.

Cette fois, elle y était. Plus d'échappatoire possible, elle devait faire face, là, seule, à découvert. Elle ferma les yeux quelques minutes, tenta tant bien que mal de maîtriser les battements trop rapides de son cœur, ouvrit les yeux et regarda pour voir si tout le monde était prêt. Quand elle eut l’accord que tous était parés à… *défendre son petit corps*…, la jeune fille se tint droite, affichant une assurance qu'elle était loin de ressentir en ce moment.
La Gryffondor leva les mains vers son visage, à la hauteur de sa bouche, les plaça en porte-voix, mais les mains fermées de sorte que le cri ressemble à celui d’un autre des semblables du lycan, et elle demeura un instant saisie. Elle ferma les yeux, respirant profondément, se concentra et se mit à imiter l’appel du lycan.
Le cri commença sourdement, ses mains étant fermées, elle les ouvrit graduellement de sorte que son cri devint une sourde complainte à la lune.

«AAAAOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!»

Ses gestes suivant le chant, Chanty se penchait légèrement en avant en relevant la tête vers la lune qui brillait encore à l’horizon.

«AAAAOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!»

Son cri résonna dans l’obscurité de l’aube prête à se lever. Ses deux « AAAAOOOOOUUUUU ! » résonnèrent en écho si bien que la plupart des lieux avoisinants l’endroit où ils étaient en furent auditeurs.

Quelques minutes plus tard, un cri brisa le silence, un hurlement semblable à ceux qu’avait poussés la Gryffondor venait de retentir. Ce dernier était mille fois plus réaliste que ceux de la jeune fille.  Puis, un froissement de feuilles, des branches qui craquent se firent entendre, de plus en plus fort et à une vitesse folle. C'était effrayant. Il arrivait! Oh! Mon Dieu! Donne-moi le courage de rester sur place!, priait la jeune femme. Son état d'esprit était tel que sa chevelure flamme se mit à noircir et ses émeraudes devinrent d'un gris acier.

Comme tout bon plan le mieux préparé du monde…tout ne se passa pas comme prévu. Le lycanthrope sortit de nulle part, derrière la rouquine, qui se retourna d'un trait, trop vite. L'animal la vit et, sans hésiter, tel un missile, se rua sur elle. Paralysée de peur, ses billes agrandies d'horreur, Chanty ne réussit pas à faire le moindre geste, ni pour se sauver comme Défo le lui avait conseillé, ni pour prendre sa baguette pour se défendre. Elle était pétrifiée sur place! La bête allait la mordre…elle allait devenir lycan…s'il ne la tuait pas avant! Elle ferma les yeux, sa dernière pensée fut qu'elle serait affreuse en lycan.

Ses aciers fermés, elle ne vit pas la suite des événements, mais elle entendit un cri derrière l'arbre où s'était caché le rouquin. Elle ouvrit les yeux au moment où elle vit le filet s'abattre sur l'animal. Mais il était trop proche d'elle! Il s'emmêla dans les maillons, perdit l'équilibre et tomba, emportant avec lui la Gryffondor. On entendit un *crack*, une plainte étouffée, puis l'équipe sortit de l'ombre. Des éclairs bleus et rouges se firent voir et des sorts fusèrent d'elle ne savait où, mais ce fut le *stupéfix* entendu qui acheva de maîtriser le lycan, paralysé au sol, le corps de la rouquine sous lui. 

Kritos, Tari, Simon, Andréa et Défo se mirent ensemble pour enlever la bête de sur la jeune femme, mais elle était vraiment trop lourde. Sous la masse, Chanty ne disait mot, encore sous le choc.
Déforaugue avait un visage fermé, signe qu'il n'était pas du tout content, ce qui augurait mal pour la rousse coincée.

«Nous allons essayer de la soulever avec des *Windgardium leviosa*. Pas sûr que cela fonctionne, mais il faut essayer.
Le groupe prit ses baguettes, mais au moment où ils allaient s'y mettre, une voix tonitruante déchira le silence de la nuit.

«Mais que diable faites-vous ici? Vous ne savez pas que…»

C'était Hagrid, s'apprêtant à leur passer le savon de leur vie, il vit enfin le lycan au sol.

«Par la barbe de merlin! Vous l'avez capturé!»

Le demi-géant se tenait là, ébahi, contemplant les élèves intrépides et inconscients. Puis, il vit au sol quelque chose de bizarre, comme du tissu déchiré, sans comprendre la réalité de la situation.
Déforaugue se rua sur le colosse.

«Hagrid! Vite, Chanty est coincée sous le lycan.»

Aussitôt dit, aussitôt fait. Avec un juron étouffé, le gardien des clés de Poudlard s'approcha et prit carrément l'animal sous son bras, sans aucun effort apparent, sous les yeux impressionnés des élèves. Ils su ruèrent tous sur la jeune femme demeurée au sol, pour l'aider à se relever, s'enquérant de son état. Une fois debout, Chanty ouvrit enfin les yeux, étonnée d'être encore en vie, reconnaissante à ses amis de l'aider. Elle épousseta sa robe, qui en avait pris pour son grade, du revers de sa main droite, la gauche camouflée dans la manche de celle-ci. Elle était déchirée, découvrant sa cuisse droite en entier, et également le corset, qui s'était relâché, les cordons ayant cassés, montrant plus qu'il ne camouflait sa poitrine généreuse. 

«Merci! Je vais bien. »

Déforaugue s'approcha à ce moment-là et la regardait d'un œil sévère. La rouquine baissa aussitôt la tête, attendant l'orage qui ne tarda pas à venir.

«Non, mais t'es folle! Je t'avais dit de ne pas le laisser approcher de trop près, tu as failli perdre la vie!» Le ton était bas, mais tranchant. Enfin, il la prit dans ses bras avec un soupir de soulagement.

«Je…je suis…désolée…j'ai figé…» Elle se laissa prendre dans l'étau des bras du rouquin, passant le sien autour de sa taille, le cœur battant la chamade, soulagée, elle aussi, que ce soit fini. Ils s'en étaient tous sortis indemnes.

Après une effusion de tape dans le dos commune entre le groupe finalement vainqueur, Hagrid mit fin aux félicitations.

«Bon, je vais amener le professeur à l'hôpital» , constatant qu'il venait de gaffer encore une fois…«Hum! Je n'aurais pas dû dire ça, moi. Rhumm! Rentrez dans l'école et allez dans votre salle commune. Une douche et du repos ne vous seront pas de trop. Allez!…Pas de discussion! Je ne veux plus voir personne dehors à cette heure de la nuit!»

Le petit groupe acquiesça docilement, les deux rouquins enlacés également. Se séparant du grand roux, Chanty regarda sa robe.

«Mince! Elle est fichue maintenant, je suis dans un sale état!»
«Moi, je te trouve très jolie»

Le cœur de la jeune femme rata un battement, rougissant. Puis, Défo lui porta le coup de grâce.

«Je te laisse rentrer avec les autres, je cours voir si Miadalla va bien.»

Il se retourna et partit sans attendre le groupe, pressé et inquiet pour la blonde.
Cette fois, c'était la croisée du chemin! La mine triste, elle ferma la porte de son amour pour Défo et tourna la clé à double tour. Il ne l'aimerait jamais! Il n'y avait que Miadalla dans son cœur. Il lui fallait tourner la page et se diriger vers l'autre chemin, celui où le rouquin ne marchait pas à ses côtés. Avec un soupir, elle le regarda disparaître dans la nuit, lui disant adieu d'une certaine façon. Elle se tourna vers Tari et Kritos, qui vinrent vers elle, anxieux qu'elle ne bouge toujours pas.

«Chanty, tu vas bien? Viens, on retourne dans notre salle commune.», dit Tari, doucement, un peu inquiète pour son amie.
«Non…Vous pouvez m'aider à marcher? J'ai besoin d'aller à l'infirmerie.»

Se disant, elle essaya de marcher toute seule, mais un cri de douleur s'échappa de ses lèvres. Elle s'était foulé une cheville lorsqu'elle s'était retournée. La rousse serait tombée si ses deux amis ne l'avaient retenue chacun par un bras, ce qui arracha une autre plainte à la rouquine. Elle sortit alors son petit bras de sous sa manche. Il était cassé et tordu, brisé par le lycan qui était tombé sur elle!
Le trio suivit le sentier menant au château, distancé par les deux 5ième année qui avaient pris les devants.

La nuit avait été dure, de bien des façons. Chanty aspirait à des soins, à une bonne douche, et à sombrer dans un sommeil qui lui apporterait, elle l'espérait, l'oubli!

vendredi 22 février 2013

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Oyé! Oyé!

Vous tous qui jouez sur notre jeu Le monde de Harry Potter!
Dans le but d'optimiser toute les parties du jeu, l'équipe administrative a décidée de clore les inscriptions des élèves de Poudlard jusqu'à nouvel ordre.
Pour ceux qui auraient envie de s'inscrire comme élève, vous avez jusqu'à Lundi 23 Février 2013 pour le faire. Alors si vous avez des amis qui voudraient ABSOLUMENT jouer un enfant, ils ont jusqu'à Lundi, après la place sera laissée pour les adultes.


Voilà! Merci beaucoup de votre participation!

L'équipe admins.

mardi 19 février 2013

☼Le choix☼.


Déroraugue:

Les fêtes de Noël étaient passées et les cours avaient recommencé. Chanty était assidue, mais aussitôt qu'elle le pouvait, elle s'éclipsait en douce. Elle avait trouvé comment sortir de Poudlard en cachette et elle ne se privait pas pour emprunter un passage secret qu'elle ne devait sûrement pas être la seule à connaître. Pourtant, elle ne le dévoila à personne, pas même à ses amis, hormis Déforaugue, car ses escapades étaient essentiellement afin de le rejoindre pour des expéditions en forêt, pour flâner ensemble ou, encore, pour passer du temps avec Hugo, qu'elle apprenait à connaître et à apprécier.
Ce soir-là était une de ses soirées de fuite et, lorsqu'elle arriva sur la route de Préaulard, leur lieu de rendez-vous, elle courut vers lui et lui sauta au cou, comme elle avait l'habitude de faire, l'embrassant sur la joue.

«Salut, tu as passé une belle semaine au ministère?» Elle se suspendit à son bras en souriant. Plutôt taciturne, il mit sa main sur la sienne.

«Bonsoir!»

Puis, il l'entraîna silencieusement vers la taverne du vieux hibou. Ils prirent place au fond de la salle, sur une banquette, l'un face à l'autre. Ils étaient devant un verre de jus de citrouille et discutaient de tout et de rien, lorsque la rouquine vit que son ami n'avait pas l'air bien. Il n'était pas bavard…enfin…moins que d'habitude et ne répondait que par monosyllabe. Assise en face, elle se pencha et croisa ses mains sur la surface lisse, ne touchant pas le rouquin.

«Qu'est-ce que tu as ce soir, Défo? Il se passe quelque chose?»

Le roux regardait dans son verre, perdu dans ses pensées, puis finit par prendre la parole.

«Mia et moi, c'est fini!»

Net et concis!  La rouquine n'en fut pas surprise! Voilà quelques temps, elle était dans la grande salle en train de lire la gazette du sorcier, lorsqu'elle avait lu le décès de Satanel Sadame, le Serpentard avec qui elle avait discuté à la gare boréal. La blonde, à la lecture de la nécrologie, s'était enfuie de la grande salle un bon moment. Chanty en avait déduit que ses deux-là avait été plus que proches. Miadalla avait-elle été amoureuse de Satanel? Elle le croyait, sinon pourquoi sa séparation d'avec Défo maintenant?

La rouquine ne savait pas trop quoi dire. Elle avait ressenti de la compassion pour l'ex copine du rouquin sur le moment. Par la suite, elle avait été en colère contre elle de faire de la peine à son ami, mais en même temps, elle n'avait pu s'empêcher d'être heureuse de cette séparation. Miadalla n'était pas la femme qu'il fallait à Déforaugue, elle le savait, elle. Ses pensées étaient bien sûr guidées par la jalousie, elle n'aimait pas voir le roux avec elle. À chaque fois qu'elle les voyait s'embrasser, elle baissait les yeux avec un pincement au cœur. Elle devait bien l'admettre, elle ressentait plus qu'une simple amitié envers son meilleur ami, à son grand dam. Elle avait bien essayé de chasser ce sentiment, le sachant non partagé, mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Qui pouvait bien s'intéresser à elle de toute manière?! Elle, la rouquine avec un bras plus court.  Ses complexes la rendaient mal à l'aise envers la gente masculine depuis son altercation avec Thybalt et elle ne s'imaginait pas qu'un garçon puisse s'intéresser à elle. Pourtant, elle avait tellement à donner!

Même si elle était heureuse de cette séparation, Chanty était triste de voir Défo si malheureux. Elle lui prit la main et il serra très fort la sienne.

«Je suis désolée pour toi, Défo, je sais que tu l'aimais profondément.»

Rien d'autre. Elle avait compris depuis un bon moment que les long discours ne plaisaient pas à son ami, mais que seuls les gestes lui étaient importants. Ils demeurèrent ainsi quelques minutes, sans en être gênés ni l'un ni l'autre, et Chanty eut le désir de lui changer les idées.  Elle lui parla donc de son projet, discuté voilà quelque temps avec l'infirmière.

«J'ai décidé de faire quelque chose pour mon bras. Dans le monde moldu, ce n'était pas possible, mais ici, avec la magie, je peux le faire.»

Déforaugue la regarda avec méfiance, oubliant sa peine durant quelques minutes.

«Il faut que tu fasses attention. La magie n'est pas un jeu et tu n’es encore qu'une novice en la matière.»

La rouquine éclata alors de rire avant de poursuivre.

« Mais non voyons, que vas-tu croire là! J'ai parlé avec l'infirmière de Poudlard, et elle m'a dit d'aller voir le médicomage à Ste-Mangouste. Elle croit qu'il pourra sûrement faire quelque chose pour moi. Je suis impatiente d'y aller, tu te rends compte, je ne serai plus une handicapée!»

Elle était emballée par ce projet et elle croyait sincèrement que cela changerait sa vie. Le rouquin, par contre, semblait voir cela d'un autre œil.

«Tu ne crois pas que cela peut être dangereux? Et si ce n'était pas possible? Comment réagirais-tu? Ne fonde pas trop d'espoir, la magie est une chose puissante, et si ça tournait en catastrophe?»

Chanty se rembrunit aux paroles de son ami.

«Défo! Comment peux-tu dire une chose pareille! Je suis sûre que si cela est impossible ou dangereux, le médicomage ne me fera pas cette opération. Tu n'aimerais pas me voir…normale?»

«Mais tu es normale! Ne dis pas de conneries!», dit-il, exaspéré de la voir ainsi. Il n'avait jamais compris la manie qu'avait la rouquine de se dénigrer de la sorte! Pour sa part, c'était bien le dernier de ses soucis son bras plus court, ce que constata la jeune femme avec tristesse. Mais elle avait ce projet à cœur et ne voulait pas se fâcher avec Déforaugue. Aussi, elle laissa tomber le sujet et dévia la conversation sur les études. Ils papotèrent de tout et de rien durant quelques heures, puis ce fut le temps de revenir à Poudlard.
Défo paya leurs consommations et ils se levèrent et prirent congé de l'auberge. Ils marchaient sans se presser sur le chemin de Préaulard, en silence, dans la nuit étoilée et sans nuage. La douceur du temps ne les encourageait pas à faire vite et, bras dessus bras dessous, ils avançaient mollement, profitant des derniers instants.
Une fois devant la cabane hurlante, Chanty se tourna vers son ami et se serra contre lui, entourant sa taille de ses deux bras et posant la tête sur sa poitrine.

«Tout s'arrangera tu verras, laisse-toi du temps et tu guériras, mais si tu as besoin de moi, je serai là promis, d'accord?»

Le roux entoura les épaules de son amie et la serra bien fort, répondant ainsi, silencieusement, à ses dires. La jeune femme se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa sur la joue, le cœur battant, avant de se détourner et de prendre le chemin de la cabane hurlante.

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 Hugo:
Durant l’un de ses soirs de fuite, Chanty se retrouva sur la route de Préaulard, par un soir de veille de pleine lune. Le ciel était clair, les étoiles brillantes et le temps était doux pour la saison. Elle attendait là, toute seule, piétinant nerveusement le carrelage de la route. Tout à coup, deux mains se glissèrent sur ses yeux et une voix susurra à son oreille.

«Devine qui c'est?»

La rouquine sursauta, le cœur battant, et prit les mains du possesseur de cette voix en riant de son rire doux et grave.

«Hugo! Tu m'as fait peur, quelle idée d'effrayer les gens comme ça!»

Le brun éclata de rire, fit le tour de la jeune femme et, presque timidement, l'embrassa sur la joue.

«Pardon, c'était trop tentant.»
«C'est pas drôle! On est à la veille de la pleine lune»

Ses paroles étaient sévères, mais son regard brillait. Elle glissa son bras sous le siens et lui fit un sourire angélique.

«Alors? Tu m'emmènes où?», demanda-t-elle les yeux pétillants.
«Hum! J'avais pensé aller au vieux hibou, mais la nuit est si douce pour la saison que j'ai décidé de t'emmener faire un pique-nique.» Son sourire était lumineux et ses yeux noisette étaient tout aussi brillants.

La rouquine était heureuse de ne pas aller au vieux hibou, non pas que c'était ennuyant, mais, de temps à autre, un changement était bien apprécié.
Et en parlant de changement, Chanty décelait quelque chose de différent dans l'attitude d'Hugo. C'était indéfinissable et subtil, et elle était incapable d'analyser ce changement. Elle le suivit, se laissant conduire par les pas du brun, marchant bras dessus bras dessous, tout en discutant allègrement, sans souci.

Hugo la conduisit sur un terrain vague, pas très éloigné du vieux hibou. La nuit était douce et étoilée, mais un peu en retrait, dans une espèce de renfoncement d'une bute, la place était éclairée. Plus ils avançaient, plus Chanty était intriguée. Qu'elle ne fut pas sa surprise au tournant du petit chemin sommaire! Le jeune homme avait préparé la place d'une façon tout à fait charmante et romantique.
Des chandelles, une cinquantaine pas moins, flottaient dans le vide, diffusant une lumière douce et colorée. Au centre du périmètre reposaient une couverture immense, des coussins soyeux et confortables, une bouteille de vin, deux coupes et un large panier de pique-nique  attendant que l'on profite d'eux en cette si belle nuit. La rouquine fut impressionnée. Hugo avait fait des efforts considérables afin que ce moment fut agréable, mais pour la première fois depuis qu'ils se voyaient, l'ambiance était autre qu'amicale.

«Voilà votre palace pour ce soir, mademoiselle Chanty Bopassant…j'ai pensé que cela te plairait.», dit-il avec une pointe de timidité.
«Oh! Hugo, l'endroit est magnifique!» Heureusement que la lumière n'était pas trop claire, il aurait vu la rougeur sur ses joues et le trouble que tout ceci lui inspirait.

Ils prirent place sur les coussins et le brun ouvrit la bouteille de vin et leur remplit une coupe à chacun. Chanty avait 16 ans, n'était pas encore majeure, mais bientôt elle le serait, dans quelques semaines en fait. Aussi, une coupe n'était quand même pas la mer à boire. Elle la prit et ils trinquèrent.

«Chanty, tu es magnifique ce soir», dit Hugo, les yeux dans sa coupe.
La rouquine rougit du compliment. Elle portait, ce soir, une nouvelle robe que sa mère lui avait fabriquée. Elle avait compris que sa fille changeait, devenait une jeune femme, et les robes médiévales plus courtes avaient remplacé les longues, avantageant la beauté de la jeune femme et la faisant paraître plus grande. Le style commençait également à changer. Le médiéval se modifiait légèrement vers le style gitan. Sa mère la connaissait bien, et ses créations suivaient l'évolution de sa fille. Sa tenue était vert émeraude, comme ses iris remplis d'étoiles.

Baissant la tête sur sa coupe, elle dit en bafouillant : «Merci! Hu…Hugo, tu as fait des efforts ce soir...pourquoi cette si belle surprise?» Son cœur battait la chamade et un trouble l'envahit.
«Bien, heu!... Non, rien, j'avais envie de te faire plaisir…» Assurément, il avait autre chose à dire, mais il n'osait pas se lancer et Chanty, dans sa naïveté, ne comprenait pas, ou n'osait comprendre pourquoi le brun se comportait comme cela. Aucun garçon ne s'était intéressé à elle depuis son arrivée dans le monde magique, et elle n'osait pas vraiment se dire que Hugo la voyait peut-être autrement que comme une bonne amie avec qui il aimait passer un peu de temps.

Elle lui sourit, taquine. «Pour une surprise, elle est très réussie. Merci beaucoup, je passe un très bon moment.» Avisant le panier de pique-nique, elle eut un regard gourmand. «Et si on jetait un coup d'œil à ce que tu as préparé pour nous?»

Hugo acquiesça et ouvrit le panier en osier. Il en sortit les victuailles, qu'il déposa sur la petite nappe les séparant l'un de l'autre. Il y avait du poulet froid, du fromage, des raisins, du jus de citrouille et des cerises juteuses. La rouquine en avait l'eau à la bouche et le regard brillant, car elle devait bien se l'avouer, elle avait un solide appétit et ce festin de roi était très prometteur. Heureusement que cela ne dérangeait pas sa silhouette, bien au contraire. En vieillissant, ses courbes devenaient voluptueuses et sa taille s'affinait. Sa lourde chevelure allongeait et, sans même s'en rendre compte, elle devenait une très jolie femme. Mais de cela, elle n'avait pas conscience.
Ils mangèrent leur repas tout en discutant tranquillement. L'ambiance était légère et taquine et la soirée se passa comme sur des roulettes. Hugo et Chanty s'entendaient si bien, c'était dommage qu'ils ne puissent se voir plus souvent. Mais à chaque fois, c'était la fête et le cœur de la rouquine battait toujours un peu plus.
La soirée terminée, ils ramassèrent les restes du pique-nique, nettoyèrent la place pour la remettre dans l'état où elle était et prirent la route de Poudlard.
Marchant lentement, retardant le temps de la séparation, leur discussion continuait allègrement. Mais une fois arrivée à l'endroit secret, complice de ses fuites, Hugo retourna Chanty vers lui. Il se passa la main dans ses cheveux longs, à la base de son cou, signe qu'il était mal à l'aise.
Mais qu'avait-il? Elle était sur le point de se retourner vers l'entrée dissimulée, lorsque le brun l'arrêta dans son geste, la prit dans ses bras et lui planta un baiser sur ses lèvres surprises.

«Heu! Je t'aime beaucoup Chanty!» Et pouf! Il s'était retourné et avait pris la poudre d'escampette, la laissant plantée-là, abasourdie.

Elle faillit se tromper de chemin tellement elle fut troublée par ce baiser, et c'est le cœur battant encore à tout rompre qu'elle rentra sous sa couette.
Incapable de dormir, elle repensait à ses escapades nocturnes, qu'elle partageait entre Déforaugue et Hugo, et son cerveau fonctionnait à vive allure. Chaque fois qu'elle les voyait l’un ou l’autre, son cœur s'emballait. Se pouvait-il qu'elle soit amoureuse des deux garçons? Elle aimait la présence des deux hommes à ses côtés. Chacun à leur façon, ils lui apportaient beaucoup. Son cœur se serra! Elle avait mis une croix sur Déforaugue, mais maintenant qu'il n'était plus avec Miadalla, cela changeait la donne. Hugo était simple et agréable, d'un caractère enjoué. Déforaugue était solide et sérieux. Deux caractères très différents avec qui elle se sentait à l'aise, deux hommes très beaux. Le brun aux cheveux longs attirait beaucoup Chanty, mais elle craquait pour les oreilles du rouquin. Il n’en demeure pas moins que, pour elle,  tous les deux étaient forts, beaux et, le plus important, ils la prenaient comme elle était…enfin, de ce qu'ils savaient d'elle.
Elle eut un mouvement d'impatience, le sommeil la fuyait comme la peste. Qui choisir? Qui était le mieux pour elle?
Se retournant sous les couvertures, elle se mit les mains sur ses oreilles, comme si toutes les paroles qui vrillaient son cerveau venaient de l'extérieur.
Elle finit par s'endormir d'un sommeil agité, peuplé de rêves étranges où apparaissaient en tête d'affiche, les deux hommes qui faisaient battre son cœur.

Hugo?...ou Défo…?
Défo?...ou Hugo…?